La Foule, Edith Piaf 1957
Je revois la ville en fête et en délire
Suffoquant* sous le soleil et sous la joie *mal respirer
Et j’entends dans la musique les cris, les rires
Qui éclatent et rebondissent autour de moi *sautent
Et perdue parmi ces gens qui me bousculent
Etourdie, désemparée, je reste là
Quand soudain, je me retourne, il se recule *avancer vers l’arrière
Et la foule vient me jeter entre ses bras…
Emportés par la foule qui nous ………………….
Nous ……………………….., écrasés l’un contre l’autre
Nous ne formons qu’un seul corps
Et le flot sans effort nous pousse, ………………..; l’un et l’autre
Et nous laisse tous deux épanouis, ………………. et heureux
Entraînés par la foule qui s’élance *avance
Et qui ………………. une folle ………………
Nos deux mains restent soudées *collées
Et parfois soulevés, nos deux corps …………….. s’envolent
Et retombent tous deux épanouis, enivrés et heureux
Et la………… éclaboussée par son sourire
Me transperce et rejaillit au fond de moi *passer à travers et sortir
Mais soudain je pousse un ………… parmi les rires
Quand la foule vient …………….; d’entre mes bras
Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne, nous éloigne l’un de l’autre
Je ……………….. et je me débats *essayer de se libérer/ lutter
Mais le son de ma voix s’étouffe dans les ……………. des autres *ne s’entend plus
Et je crie de douleur, de …………….. et de rage et je …………..
Et traînée par la foule qui s’élance
Et qui danse une ……………… farandole * danse
Je suis ……………….. au loin
Et je ……………. mes poings, maudissant la foule qui me …………..
L’homme qu’elle m’avait donné et que je n’ai jamais retrouvé
Le mythe d’Orphée
Orphée est un poète et musicien exceptionnel dont le chant charme les hommes, les animaux, la nature et même les dieux. Lorsque son épouse Eurydice meurt, il descend aux Enfers pour la ramener à la vie. Hadès accepte à une condition : Orphée ne doit pas se retourner avant d’avoir quitté le royaume des morts. Il désobéit, Eurydice disparaît à jamais.
Orphée est le symbole des poètes parce que son mythe incarne de manière exemplaire ce que représente la poésie : le pouvoir de la parole, l’inspiration, mais aussi les limites et la souffrance de la création artistique.
Le pouvoir créateur de l’art
Le chant d’Orphée émeut les hommes et les bêtes. Il suspend les lois de la nature et de la mort.
Orphée incarne l’idée que l’art a un pouvoir universel, capable de transformer la réalité et les âmes, quelle que soit la forme artistique (poésie, musique, peinture, danse).
L’artiste comme passeur entre les mondes
Orphée traverse les Enfers grâce à son art :il relie le monde des vivants et celui des morts. L’artiste est lui aussi un médiateur, qui donne forme à l’indicible et rend perceptible ce qui échappe au langage ordinaire.
Orphée est le symbole des poètes et des artistes parce qu’il incarne à la fois la toute-puissance de l’art et ses limites tragiques : l’artiste tente de sauver, d’éclairer et d’éterniser le monde par la création, tout en affrontant l’échec, la solitude et la mort.
El Desdichado, Gérard de Nerval
Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le prince d’Aquitaine à la tour abolie :
Ma seule étoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.
Dans la nuit du tombeau, toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,
Et la treille où le pampre à la rose s’allie.
Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;
J’ai rêvé dans la grotte où nage la syrène…
Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.
Gérard de Nerval
